Jour #4- Voyage vers Istanbul (Turquie)

Grand départ de Bucuresti pour rejoindre Istanbul. Logeant juste à côté de la gare, nous quittons l’hôtel au dernier moment. Photos de la gare, nous n’en avions pas faites à l’arrivée, puis nous cherchons notre train sur le tableau d’affichage ! Cela commence bien : un léger retard est annoncé.

Enfin, il est à quai. Nous nous dirigeons vers notre voiture et constatons, en longeant le train, que notre wagon est turc et rattaché à un train roumain : cela promet. A l’entrée du wagon se tient un grand et beau gaillard : notre chef de wagon, Mustapha. Il est habillé classe : chemise blanche, cravate rouge, chaussures fines marron lustrées à souhait. Il affiche un large sourire et nous indique notre compartiment : 4 couchettes.
Je vais vite regarder et prendre en photo la locomotive… Parfois, il vaut mieux ne pas savoir !

Peu après, une dame sympathique nous dit qu’elle et son mari ont les deux autres couchettes mais elle va voir si elle peut être regroupée avec d’autres de la famille dans un autre compartiment. C’est ce qui est fait : nous serons donc seuls pour notre voyage.

Installés, nous constatons que le wagon n’a pas l’électricité… donc, ni lumière ni climatisation. Avec 35 degrés à l’extérieur, le voyage va être long et difficile. Une belle chose : une ambiance de dingue dans le wagon. Nous sommes cinq français, trois étudiants – un garçon et deux filles, et tous les autres sont roumains. Ca papote sans toujours se comprendre mais les applis de traduction ne sont-elles pas là pour ça ?

A chaque arrêt en gare, notre chef de wagon essaie de demander de l’aide pour nous dépanner, mais visiblement, personne n’y connait quelque chose en train turc !
Notre train est comme celui de Vienne à Bucuresti : un tortillard. Une halte, de près d’une heure à Toronovo, nous permet de rester sur le quai et de prendre le frais. L’occasion, pour nous anciens, d’échanger avec ces jeunes étudiants : Sciences Po et Ingénieur en Architecture ! Ils sont surpris de notre parcours ferroviaire et nous sommes surpris du leur. Grâce à une carte de transport européenne à 290,00 euros, ils vont de pays en pays, ils dorment dans les auberges de jeunesse pour 15,00 €la nuit et, cerise sur le gâteau, ils font de superbes rencontres !

Et nous remontons à bord pour que le train redémarre avec nous… La nuit commençant à tomber, nous décidons de manger avant de ne plus y voir. Repas frugal mais bon : salade de pâtes achetée dans une supérette roumaine et une banane. De toute façon, depuis que nous sommes partis, hormis le petit-déjeuner, nous ne mangeons pas beaucoup. Que faire lorsqu’il fait nuit ? Se coucher ! Oh, je vous entend, tu peux jouer sur ton téléphone. Ah oui, et lorsqu’il n’y a plus de batterie, comment je me dirige pour trouver l’hôtel à Istanbul ? Donc, économie, économie : de batterie des téléphones !

Vers 1 ou 2 heures du matin, nous dormons vraiment depuis peu, Mustapha, frappe à toutes les portes en criant « Passeport, passeport ». Nous sautons dans nos chaussures, prenons nos passeports… et nos téléphones, et nous rejoignons une file de passagers déjà réunis sur le quai. Nous sommes tous plus ou moins endormis, cela ne nous empêche pas d’échanger avec un couple de français, un peu plus jeune que nous, qui, eux, arrivent de Sofia : leur train a été rattaché au notre, devenu dans la nuit, principalement Bulgare !
Tous les passagers sont persuadés être entrés en Turquie. Que non ! Deux heures plus tard, avec les bagages cette fois, nous voilà à nouveau tous réunis sur le quai de la gare d’Edirne. Nous comprenons très vite que la première fois, le train est entré en Grèce, très peu de temps, et que, là nous entrons bel et bien en Turquie.

Notre valise ouverte, je justifie des médicaments sans pour autant qu’il me soit demandé les documents les prescrivant ! Pendant que nous faisons les paperasseries, des agents du TCDD – compagnie turque de chemins de fer- ont remis l’électricité. Hourrah, nous voilà tous rassurés : recharger les téléphones et, enfin, la clim !
Retour à la couchette et dans les bras de Morphée. Dans un train, nous dormons, certes, mais par petites tranches. Alors, dès que le soleil fait son apparition, nous sommes assis à regarder le paysage, nous sommes dans le couloir à papoter….

Les paysages défilent, les gares aussi : que de gares, enfin, que d’arrêts car, parfois, c’est juste une cahute, pas de gare à proprement parler.

Enfin l’arrivée à Halkali : il fait beau, le ciel est bleu, le soleil brille. Nous savons comment prendre les transports jusqu’à notre hôtel : le Maramay, train qui longe la côte. Nous sommes avec le couple français venu de Sofia : ils ont l’hôtel côté Asie, nous, côté Europe. A peine assis, nous échangeons avec un turc et son épouse, allemande d’origine turque. Ils sont parents de deux garçons et d’une toute petite fille. Echange incroyable, ce monsieur est professeur de mathématiques au Mans, en France, et le français avec qui nous étions a été professeur de mathématiques… Nous les laissons poursuivre la conversation car nous devons descendre à … pour prendre le T6 que nous croyons être un tramway. Quelle erreur de notre part !

Nous sortons de la gare, et nous comprenons que nous n’allons pas trouver tout seuls. Je demande donc à un monsieur, pas tout jeune, qui fume tranquilou sa cigarette. Très heureux de nous rendre service, il éteint sa cigarette et nous accompagne pour nous trouver la station du tramway… le T1. Il nous laisse là avec un grand signe de la main. Pas de souci, sur notre carte des transports, nous voyons ce tramway qui nous conduit à la Mosquée bleue, juste à côté de notre hôtel. 
Ca y est ! Nous y sommes ! Quel bonheur que d’avoir un lit, un vrai… Il est presque 11 heures, nous prenons le parti du repos pour visiter ensuite…

Un trajet de plus ! Le prochain sera plus simple car nous le ferons en avion : il faut éviter l’Iran, l’Iraq et l’’Afghanistan !...