Jour #7 - Samarkand, l'improbable étape

Lors de notre premier trajet Paris – Hong Kong en train, il n’était absolument pas question de faire une halte prolongée à Samarkand. Sur le papier, le voyage dans sa globalité ne devait pas dépasser cinq semaines. Cinq semaines, pas un jour de plus. Nous étions sérieux. Organisés. Raisonnables. Enfin… au début ! 

Et puis, j’ai commencé à tracer la carte sur uMap/OpenStreetMap. Rien de bien méchant : simplement suivre les rails de Paris à Hong Kong. Puis j’ai ajouté quelques données, histoire de faire les choses proprement. 
Et là… tout est parti en vrille !
Le tracé ? Non, lui n’a pas bougé. C’est le calendrier qui a commencé à prendre ses aises !

Parce qu’à force de regarder les lieux traversés, leurs monuments, leurs paysages, leurs petites merveilles… il a bien fallu se rendre à l’évidence : faire Paris–Hong Kong en courant n’avait plus vraiment de sens. Les haltes se sont donc allongées. Certaines modestement, d’autres… beaucoup moins !
Et puis, passer en Ouzbékistan, arriver à Samarkand et ne pas s’arrêter ? Soyons sérieux deux minutes : c’est un véritable crime de lèse-majesté !

Ces couleurs de soie sur les murs, ces bâtiments encore debout aujourd’hui, certes restaurés et entretenus, mais témoins d’une histoire tellement riche… Impossible de simplement passer devant en disant : « Tiens, c’est joli… allez, on continue ! »
Non.
Nous allions visiter !

Restait cependant un léger détail logistique : partir plus de cinq semaines, c’est possible… mais quid de la maison ? Et surtout, quid de nos chattes ?
Notre très chère amie Valérie a l’habitude de s’occuper de l’intendance pendant nos absences. Mais là, nous passions tout de même de cinq semaines à presque neuf ! À ce stade, ce n’était plus une absence, c’était quasiment une expatriation !
Heureusement, notre petite-fille a accepté de récupérer les clés. Et visiblement, elle est ravie de cette nouvelle responsabilité. Nous beaucoup aussi… Les chattes, elles, n’ont pas encore donné leur avis !
Nous voilà donc à Samarkand !

Après un petit déjeuner à notre arrivée à l’hôtel, puis quelques heures de repos — parce que tout de même, nous n’avons plus vingt ans et le voyage en train laisse quelques traces — nous partons arpenter les rues de la ville, direction le Registan, à quelques centaines de mètres de là.
Nous avions bien sûr vu des photos sur la toile. Beaucoup même. Nous pensions donc savoir à quoi nous attendre. 
Erreur !

Lorsque les trois bâtiments du Registan apparaissent devant nous, c’est une tout autre histoire.

Même le reportage de Bruno Maltor ne nous avait pas préparés à ça ! 
Waouh ! Plein les yeux ! 
Je me sens soudain toute petite au milieu de cette place. Et pour une fois, ce n’est pas une question de perspective… 

Le Registan est là, majestueux, éclatant, presque irréel.

Et nous, au milieu, avec nos cinq semaines devenues neuf, notre carte qui a complètement dérapé et nos chattes quelque part à des milliers de kilomètres… Finalement, je crois que nous avons bien fait de ne pas respecter le programme !